Oya Baydar e seu “Palavra perdida” elogiados pelo Libération/ França
- La revue de presse Marc Semo – Libération du 13 mai 2010
Oya Baydar n’est pas tendre pour beaucoup de ses confrères. Sa voix est différente, lourde du poids de la mémoire et des rêves fracassés d’impossibles révolutions. Parole perdue est un livre singulier au souffle puissant. Un livre inspiré, une incantation sur l’oppression et la violence. Auteure reconnue en Allemagne, déjà traduite en anglais, hongrois ou portugais, Oya Baydar n’a étrangement jamais été publiée en France…
C’est une livre à plusieurs voix. Il y a celle de l’écrivain qui part vers l’est à la recherche de lui-même, hanté par les réminiscences de sa jeunesse et d’une révolution où les kurdes devaient être l’avant-garde. «Ils étaient notre peuple, grâce auquel nous nous donnions bonne conscience en nous faisant jeter en prison en leur nom pour avoir utilisé le mot kurde. [...] Nous étions opprimés, persécutés et révoltés. Ce que nous étions, ils l’étaient trois fois plus», se souvient Ömer Eren pendant le long périple vers les montagnes limitrophes de l’Iran et de l’Irak où se sont nouées les tragédies de Zela et de Mahmut…
La violence est partout. Ce thème hante Oya Baydar. «La violence c’est celle de l’Etat comme celle du PKK qui le combat, la violence s’exerce surtout sur les femmes mais même aussi sur les souris de laboratoire que l’on dissèque», explique l’écrivaine, rappelant qu’«au fond de la violence il y a d’abord la peur de l’autre et que chacun a peur de l’autre». La militante qu’elle fut n’a pas abdiqué ses rêves. Elle espère un nouveau mouvement politique, différent de tout ce qui existe et dont le programme tiendrait «en dix phrases simples comme les dix commandements». Un parti qui ferait naître un pays nouveau, où Mahmut et Zelal ne seraient plus contraints à une interminable cavale.


